La communication au sein des collectivités locales poursuit sa professionnalisation. Aujourd'hui, pas moins de 15.000 agents, soit toutefois moins de 1% de la Fonction publique territoriale, exercent une véritable fonction de communication (directeurs ou responsables de service communication, graphistes, chefs de projet audiovisuels) interne ou externe, au sein des collectivités locales.
D’après l’enquête métiers de Cap'Com, réseau national de la communication publique et territoriale, plus des deux tiers des communicants publics ont un niveau d'étude Bac + 4 et la tendance va sans doute se renforcer dans les prochaines années, dans la mesure où les nouveaux arrivants dans la profession sont plus diplômés que leurs aînés (74% des moins de 35 ans ont un niveau Bac + 4, contre 55% des plus de 45 ans).
L'analyse des disciplines attachées à ces diplômes montre également une montée en puissance de la communication comme principal champ de formation (et, parallèlement, une perte de vitesse des sciences humaines et du droit). Les lieux de formation cités reflètent également une diversification de l'offre de formation ces dernières années : multiplication des écoles spécialisées et des formations supérieures au sein des universités. Rien d'étonnant donc qu'aujourd'hui près de 2/3 des communicants territoriaux appartiennent à la catégorie hiérarchique « A » de la Fonction publique territoriale (8% pour l'ensemble des agents de la FPT). Mais la féminisation de la profession et l'âge moyen relativement faible expliquent le maintien de rémunérations peu dynamiques.
Dans l'enquête Métiers réalisée en 2002, les femmes constituaient moins de la moitié (48%) de l'échantillon ; elles représentent aujourd'hui plus des deux tiers des effectifs (69%), un chiffre qui a dépassé le taux de féminisation de l'ensemble de la FPT (61%). Toutefois, les femmes n'occupent que 59% des postes de directeurs de la communication.
Par ailleurs, en termes d’organisation, la presque totalité des communes de plus de 5.000 habitants, départements et régions dispose aujourd’hui d’une direction ou d’un service de communication identifié comme tel. Effectifs et budgets stables mais plus de missions, précise l’enquête. Pour autant, les équipes communication des collectivités locales restent modestes : 40 % de ces services ne comptent pas plus de 3 personnes et l’effectif moyen est de 8 agents dans les communes de plus de 5.000 habitants, de 7 dans les communautés de communes et de 17 dans les départements et régions.
50% des communicants publics gagnent moins de 30.000 euros brut par an
On apprend également que si les effectifs et les budgets sont restés globalement stables ces dernières années, les communicants déclarent avoir l’impression (pour 83 % d’entre eux) que leurs missions n’ont cessé d’augmenter. De plus, 50% des communicants gagnent moins de 30.000 euros brut par an. La profession compte 39 % de moins de 35 ans, ce qui en fait l’un des métiers parmi les plus jeunes de la FPT. Et les plus jeunes recrues (moins de 35 ans) sont des femmes pour environ les trois quarts. Et qui dit profession jeune et féminine dit… «stagnation du niveau des rémunérations », comme le relève l’enquête. La moitié des communicants territoriaux gagne moins de 30.000 euros bruts par an et seulement 20 % plus de 40.000 €. « Les disparités de rémunérations sont assez importantes en fonction du statut (les titulaires ont un niveau de rémunération moins élevé), du poste, de l’âge, du sexe et de la taille de la collectivité », précise l’enquête.
Malgré une grille de salaire qui ne suit pas la montée en puissance de la professionnalisation, les communicants réaffirment, dans cette enquête, leur attachement au service public. Interrogés sur l’évolution de leur métier, les communicants estiment que dans les prochaines années, ils devront savoir maîtriser de nouvelles compétences et de nouveaux outils comme le management des réseaux sociaux et le marketing territorial.