A partir de la publication, le 10 mars 2010, de la loi n° 2010-238 du 9 mars 2010 visant à rendre obligatoire l'installation de détecteurs de fumée dans tous les lieux d'habitation, le marché des détecteurs devrait connaître un essor sans précédent à la faveur de cette nouvelle règlementation actant l’obligation d’au moins un détecteur de fumée par logement d’ici à 2015.
Les termes de la loi sont les suivants : il est fait obligation à l'occupant d'un logement, ou, le cas échéant, à son propriétaire, d'installer et d'entretenir au moins un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF) normalisé. Cette obligation est assortie d’une exigence de déclaration d'installation à transmettre impérativement à l'assureur au titre de la maîtrise des risques contre l'incendie ; cette obligation incombe également au propriétaire non occupant dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat, notamment pour les locations saisonnières, les foyers, les logements de fonction et les locations meublées ; la possibilité est offerte à l'assureur de pratiquer une franchise de 5 000 euros si un incendie vient à se déclarer dans un logement non équipé d’un détecteur avertisseur autonome de fumée ou dont la déclaration d'installation ne lui a pas été transmise. Est a contrario prévue une minoration de la prime d'assurance si l'assuré s'est conformé à ses obligations ; et l’entrée en vigueur au plus cinq ans à partir de la publication de la présente loi.
Un décret viendra préciser les contours de la loi ainsi que les normes techniques exigées pour les produits. En effet, leurs caractéristiques, leurs performances, peuvent varier assez considérablement, tout comme leur prix d’ailleurs, susceptibles de s’inscrire dans une fourchette d’une dizaine d’euros à plus de 60 euros.
Il restera également à préciser combien de détecteurs sont nécessaires pour équiper un logement, selon la superficie considérée et le nombre de pièces.
Les enjeux prévisibles de ce marché
Il y a un parc existant de près de 30,3 millions de logements (hors logements vacants) à équiper en France métropolitaine, dont 27,2 millions de résidences principales (se ventilant en un peu plus de 15,4 millions de maisons individuelles et près de 11,8 millions de logements collectifs).
D’autre part, on peut noter que le secteur représenterait a minima entre 600 et 650 millions € pour les fournisseurs d’alarmes et de détecteurs incendie et susceptible de s’élever à plus de 900 millions €.
Le premier chiffrage se base sur 2 hypothèses principales : une concentration de la demande sur les produits milieu de gamme (autour de 20 €), et l’installation d’un seul détecteur de fumée par logement.
Toutefois, selon la surface et le type de logements concernés, il pourra être nécessaire d’installer un deuxième détecteur, voire un troisième : une maison individuelle totalise en moyenne 4,8 pièces, quand ce chiffre s’établit à 3 pour le logement collectif ; une maison peut être de plain-pied, comme elle peut posséder un niveau supplémentaire (c’est le cas d’une majorité des maisons individuelles) ou une cave, auquel cas (et intuitivement, mais le décret d’application devrait le confirmer) devrait s’imposer l’installation d’au moins un détecteur par niveau.
En d’autres termes, sur la base de l’hypothèse 1 qui reste inchangée, et d’une seconde hypothèse retenant le scénario d’au moins deux détecteurs installés en habitat individuel (un au rez-de-chaussée et un à l’étage), le marché des détecteurs de fumée pour l’habitat résidentiel pourrait alors représenter une enveloppe d’un peu plus de 900 millions €.
Un potentiel qui pourrait encore s’accroître si le particulier choisissait judicieusement d’installer deux détecteurs lorsqu’il occupe un logement collectif d’une surface supérieure à 70 m², un en zone jour dans les lieux de vie, et un en zone nuit dans les lieux de sommeil, étant entendu qu’un détecteur autonome avertisseur de fumée (DAAF) couvre une surface comprise entre 60 et 70 m² pour une hauteur de 2 m50.