Et ces modes de consommation sont actuellement à un tournant, encore plus dans le secteur de la construction, tant les enjeux écologiques ont pris de l’importance, notamment en matière de déchets. Le Grenelle de l’environnement dicte d’ailleurs une gestion durable des déchets : extension de la responsabilité élargie des producteurs, planification et gestion des déchets des bâtiments. C’est pourquoi les industriels doivent se tourner vers un packaging «vert». Réduction des emballages à la source, développement biodégradable, tri, recyclage, revalorisation… les possibilités sont variées. Mais c’est tout le cycle de vie qui doit être digéré et analysé par le secteur. Si le zéro emballage n’est pas la solution, les filières orientent leurs efforts sur la valorisation. Et les initiatives se multiplient en la matière à l’image des cimentiers qui ont réagi rapidement en proposant des sacs biodégradables. Parmi eux, on peut citer Weber, Holcim et Ciments Calcia. Ce dernier a lancé BioSac, un emballage «nouvelle génération» biodégradable et compostable grâce à la composition de son «free film» conçu avec de la biolice, une matière naturelle fabriquée à partir de grains de céréales. Avec l’appui de Limagrain qui fournit la biolice, Barbier, qui produit le film et Mondi, qui fabrique le packaging, Ciments Calcia a pu proposer cette nouveauté : «
Nous apportons une réponse aux artisans qui ont l’obligation de valoriser leurs déchets. Après c’est à eux de ramener le sac pour le compostage», constate Marie-Valentine Masquelier, responsable de projet marketing, évoquant l’envie de créer une filière de récupération pour l’ensemble des cimentiers. De son côté, Ripolin insiste sur son engagement sur l’ensemble de la chaîne : «
Outre des formulations plus naturelles et des emballages qui réduisent leur impact sur l’environnement, les peintures ‘green’ Ripolin sont produites à 94 % en France, dans des usines certifiées ISO 14001 qui recyclent 40 % de leurs déchets». Réduction de la matière, des encres, qui elles-mêmes deviennent biodégradables, les industriels affichent fièrement leurs progrès. Reste à savoir si la dynamique s’étendra à tous les acteurs. De même, en fin de chaîne, le consommateur et les professionnels - artisans, entreprises du bâtiment - suivront-ils ?
Les trois niveaux du packaging
- L'emballage en contact direct avec le produit (ex : la bouteille en verre qui contient une boisson gazeuze)
- L'emballage qui associe les produits unitaires les uns aux autres de manière à constituer un produit propre (ex : emballage qui regroupe trois bouteilles de la boisson de l'exemple précédent les unes aux autres)
- L'emballage «logistique» qui permet le transport et la manutention dans l'entrepôt des produits (ex : les colis ou les palettes)
Source : Packaging mode d'emploi : De la conception à la distribution de Philippe Devismes – éditions Dunod